Evoweb.net : sommaire
Evolutionnisme et Société    

 

Blog Evoweb

Aide-mémoire de réflexions rapides et brouillons de futurs articles : les courts textes présentés ici ne sont pas finalisés, mais peuvent servir à provoquer la réflexion.

Le thème général est l'analyse des sociétés actuelles selon la grille de la psychologie évolutionniste. La lecture préalable de : Pourquoi les femmes des riches sont belles : Programmation génétique & compétition sexuelle (Gouillou, Ed. Duculot (Louvain, Belgium), 2003) est requise, ou du moins une bonne connaissance générale du sujet : Axelrod, Buss, Dawkins, Geary, Hrdy...

De nombreux termes utilisés sont expliqués dans le Glossaire Evopsy.


22 novembre 2003

La Tunisie coupée du monde par Spamcop

©Philippe Gouillou - 22 novembre 2003 - 21:13
arc20031116.htm#BlogID69

Une fois de plus, TOUS les mails envoyés depuis la Tunisie sont considérés comme des spams par SpamCop :


La conséquence est directe : plus aucun mail émis depuis la Tunisie ne peut être reçu par quelqu'un ayant configuré SpamCop pour filtrer ses mails entrants. Une censure basée sur un pays, en quelque sorte.
La situation est très fréquente, entre 1/3 et 1/4 du temps :
Since SpamCop started counting, this system has been reported about 50 times by about 30 users. It has been sending mail consistently for at least 32.8 days. In the past 731.9 days, it has been listed 85 times for a total of 210.4 days (idem)

Doit-on lutter contre SpamCop pour une telle censure ?
Bien sûr, le système de SpamCop fait ce qu'il peut, avec ses avantages et ses inconvénients. Dans le monde Internet, c'est à chacun de choisir s'il souhaite ou non l'utiliser. Mais dans le monde de la Tunisie c'est beaucoup plus délicat : TOUS les mails sortants du pays doivent passer par une Agence Gouvernementale (ATI : Agence Tunisienne d'Internet), et bien sûr c'est le serveur de cette agence qui est régulièrement (à raison [1]) blacklisté.

A l'heure où les Américains ont choisi d'ouvrir Internet en Irak, la Tunisie a choisi le monopole étatique d'Internet. Le plus amusant est qu'ils emploient tous deux les mêmes justifications : "pour le développement d'Internet" et "pour la sécurité" [2].

NOTES :
  1. Les Tunisiens envoient souvent des spams de plusieurs centaines de Ko pour vanter leurs produits !
  2. J'avais posé la question en public aux officiels présents (Ministres, Responsable de l'ATI, etc.) lors de la première rencontre de la CTFCI (Chambre Tuniso-Française du Commerce International) en 2000.

Lutte contre la pédophilie

©Philippe Gouillou - 22 novembre 2003 - 07:30
arc20031116.htm#BlogID67

Une Française approchant la quarantaine me dit que la pédophilie devrait être beaucoup plus largement pénalisée, et que notamment tout écart d'âge entre l'homme et la femme de plus de 3 ou 4 ans devrait être interdit. Elle se pose aussi beaucoup de questions sur la validité du choix d'une femme de moins de 25 ans : n'étant pas encore expérimentée, n'est-elle pas en position de faiblesse face aux hommes ? Forcément victime ?

Elle même était parti vivre en concubinage dès 16 ans, avec un homme de plus de 20 ans. Regrette-t-elle ? Non, pas du tout. Avait-elle été victime ? Non, elle ne le pense vraiment pas. Alors comment déterminer quelles sont celles qui peuvent bénéficier d'une telle liberté de celles qui ne le peuvent pas ? Réponse : il n'y a pas de distinction à faire, ça doit être systématiquement interdit maintenant. Elle, c'était avant, elle n'a plus 16 ans, donc ça n'a pas d'importance. Est-il besoin de préciser que quand j'ai essayé de lui faire remarquer que son approche ("les autres : non, moi : oui") ne pouvait tenir philosophiquement dans le monde actuel, je me suis aussitôt retrouvé accusé de pédophilie perverse ?

La pédohystérie de ces dernières années a multiplié les drames. Aux victimes réelles de la pédophilie (d'ailleurs : combien ont été sauvées grâce à cette obsession ?), les médias ont surajouté les personnes accusées à tort jetées en pâtures à la vindicte populaire. La présomption d'innocence sert à justifier les ventes de journeaux, elle ne doit surtout pas les empêcher, bien sûr. Aux USA, il est conseillé aux femmes demandant le divorce de systématiquement accuser leur mari de pédophilie incestueuse : ça augmente leurs chances de toucher le gros lot. Aucun commencement de preuve n'est nécessaire : le crime en lui-même est si abject que l'accusé doit être condamné sans procès.

Le problème est bien sûr que la pédophilie telle que définie par les défenseurs des enfants est le résultat de millénaires de pressions sélectives. En fait, les médias et les associations spécialisées ont consciencieusement amalgamé deux orientations totalement différentes : la pédophilie au sens strict, qui est l'attirance sexuelle envers les enfants pré-pubères avec l'éphébophilie qui est l'attirance sexuelle envers les personnes pubères n'ayant pas encore atteint l'âge légal de la maturité. La première est assez rare (sauf en Afrique du Sud, où les viols de bébés semblent se multiplier), tandis que la seconde est tout à fait fréquente, d'autant plus qu'elle correspond à une définition légale [1].

Les sociétés occidentales ont choisi, petit à petit, de retarder l'âge du mariage des femmes. Alors que celui-ci s'est fait pendant des millénaires à la puberté, la pression sociale l'a maintenant retardé à plus de 20 ans, dans la plupart des cas. Cette approche offre de nombreux avantages : si l'argument de la santé semble un peu faible, celui de la liberté de choix offerte est essentiel. Il faut bien noter qu'il s'agit là d'un retard socialement imposé, et non pas écologiquement imposé, et l'on retrouve exactement la même distinction (et les mêmes termes) que pour la monogamie.

La pression sociale offre beaucoup d'avantages, mais elle a aussi un effet secondaire important : elle ne correspond pas forcément à la volonté biologique, pré-programmée, des individus qui la composent. Dans ce cas précis, l'opposition n'est pas trop forte, parce qu'à double sens, mais elle existe cependant.

En moyenne, les études (notamment de Daly et Wilson) ont montré que c'est entre 20 et 25 ans que les femmes sont les plus fécondes. D'autres études citées par Geary ont d'ailleurs remarqué que ce sont ces femmes qui attirent le plus les hommes adolescents. Il y a donc bien une tendance pré-programmée à cibler des femmes en dehors des âges critiqués. Cependant, il apparaît aussi que la jeunesse est le principal critère de beauté. Au cours des millénaires de l'E.E.A., l'homme qui attendait qu'une femme ait dépassé la vingtaine pour l'épouser risquait de la trouver déjà prise. C'est grâce à l'existence de ce double mouvement qu'une politique imposant socialement un âge de mariage retardé peut être applicable. Il ne faut cependant pas en attendre des miracles : le simple fait d'un besoin d'imposition sociale montre que la nature peut parfois se rebeller.

De ce point de vue, le cadre théorique semble logique : à part auprès de quelques individus (ditsmalades) qui seront intéressés par des pré-pubères, la société arrive à imposer à tous un âge retardé au mariage, lequel apporte des avantages sociaux aux femmes (notamment la plus grande liberté de choix), sans poser trop de tensions. Pourquoi alors cette pédohystérie ? Pourquoi cette obsession d'amalgamer la pédophilie avec l'éphébophilie ? [2]

NOTES

  1. La Principauté de Monaco a abaissé cette année l'âge de la majorité de 21 à 18 ans. Ce changement a du permettre à un certain nombre d'éphébophiles d'éviter tout risque d'accusation de pédophilie.
  2. Il s'agit là d'un premier jet rapide d'un article prévu à terme pour Evopsy (Rubrique Concepts).


21 novembre 2003

Lutte contre l'eugénisme : l'état veut interdire aux intellectuels d'avoir des enfants

©Philippe Gouillou - 21 novembre 2003 - 19:21
arc20031116.htm#BlogID66

Plusieurs chercheurs ont remarqué que le QI est le critère de choix le plus important dans le mariage : pour vivre ensembles sur le long terme, les gens ne choisissent pas d'abord sur des critères de beauté ou de fortune, mais sur le niveau intellectuel du partenaire potentiel (voir les chiffres sur le site Douance). Or, on sait que les hauts QI ont beaucoup plus de chances d'avoir des enfants à haut QI. Il ne s'agit pas seulement de la génétique (même si celle-ci est prépondérante), mais aussi de la qualité de l'environnement (pas seulement économique) offert à l'enfant pendant la grossesse et durant les premières années de sa vie.

En d'autres termes, laisser les personnes à haut QI choisir elles-mêmes avec qui elles auront des enfants ne peut qu'être une atteinte à l'objectif étatique d'égalité entre tous les citoyens. Heu-reu-se-ment, le gouvernement a sorti une loi qui va permettre d'interdire de tels dérapages :
    Nouvelle loi de bioéthique, Article 21 bis A (nouveau) : Après l'article 511-1 du code pénal, il est inséré un article 511-1-2 ainsi rédigé :
      Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 Euros d'amende le fait, par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir, de provoquer autrui à se prêter à un prélèvement de cellules ou de gamètes, dans le but de faire naître un enfant génétiquement identique à toute autre personne, vivante ou décédée.
      Est punie des mêmes peines la propagande ou la publicité, quel qu'en soit le mode, en faveur de l'eugénisme ou du clonage reproductif.
    Source : Les Mutants.net
Grâce à cette loi, l'homme en phase de séduction qui dirait à la femme qu'il convoite quelque chose du genre : "A nous deux, il y a de fortes chances que nos enfants soient intelligents" pourra être directement condamné à 3 ans de prison, soit 12 fois plus qu'un voleur à main armée pris en flagrant délit.

Les Irakiens sont vraiment trop cons...

©Philippe Gouillou - 21 novembre 2003 - 19:20
arc20031116.htm#BlogID65
Alors même que plein de mouvements Européens auto-proclamés anti-racistes, comme par exemple la LCR, sont prêts à guider les Irakiens et leur dire quoi penser et comment lutter contre l'occupant Américain :
Communiqué de la LCR : Guerre, racisme un autre monde est possible.
La guerre impérialiste contre l'Irak, tout comme la politique criminelle du gouvernement Sharon en Palestine n'en finissent plus de causer des drames. Le double attentat antisémite d'Ankara en est la dernière illustration.
En France, la montée des communautarismes a conduit, samedi dernier,à l'incendie du collège-lycée Merkaz-Hatorah de Gagny.
Le Forum social européen qui vient de s'achever a montré qu'une autre voie, celle de la fraternité et de la solidarité, était possible entre les peuples. Cette autre voie passe par la lutte contre toutes les formes de racisme, contre l'occupation de l'Irak et pour la justice en Palestine.
Le 17 novembre 2003
Et bien plein d'Irakiens profitent lâchement de leur liberté nouvellement acquise après 3 décennies de massacres et de tortures pour ne pas exécuter comme ils le devraient les conseils éclairés qui leur sont donnés : Voir d'autres liens sur Ase's Corner à : http://ase.skynetblogs.be/?date=20031120&number=1&unit=weeks#110580/

20 novembre 2003

Emigration

©Philippe Gouillou - 20 novembre 2003 - 21:28
arc20031116.htm#BlogID62

Dernière modification : 26-11-03 (ajout ref CIS)

Vue de l'autre coté de la Méditerranée, l'immigration devient l'émigration, élément essentiel de la vie sociale et économique locale.

Fondamentalement, il y a bien sûr deux types d'émigration, selon sa légalité. Mais ce n'est pas si simple : il faut prendre en compte énormément de sous-classifications, pour ne pas tomber dans une trop grande simplification. Dans ce post, nous resterons à un niveau assez grossier, qui permettra une vision globale, mais pas beaucoup plus. Il est cependant suffisant pour remarquer que le vrai problème de l'immigration n'est pas celui qu'on nous rabache, mais un autre ayant des conséquences à long terme peut-être encore plus dramatiques.

L'émigration légale se caractérise par l'importance d'une très forte hiérarchie entre les pays destinataires : l'élite intellectuelle choisit le Canada (souvent pour la langue française) ou les USA (où en 1999 52% des immigrés musulmans étaient diplomés [1]) , les moins qualifiés doivent se rabattre sur la France, dont ne veulent plus du tout les premiers. Les USA ont beaucoup perdu de leur cote depuis le renforcement des procédures d'entrée, trop d'histoires ont circulées sur les problèmes qu'ont connus ne serait-ce que des touristes de la haute société Tunisienne, pour qu'un Tunisien du peuple essaye de s'y risquer. Selon le principe des vases communicants, le proche Canada a gagné la faveur des plus diplomés. Il y a aussi l'Angleterre, dont on nous dit que le principal attrait est la facilité d'y obtenir des papiers, de s'y refaire une virginité légale. C'est assez réducteur : elle présente aussi et surtout l'attrait de sa réussite économique, ce n'est pas l'Amérique, mais ça s'en rapproche fortement.

Le principal problème pour toute émigration légale est bien sûr d'obtenir l'autorisation : il lui faut non seulement une justification (études, etc.), mais en plus l'accord des autorités compétentes, c'est-à-dire d'un fonctionnaire plus ou moins honnête du Consulat du pays voulu. Le Consulat de France à Tunis traite tout candidat au départ (même pour les courts voyages d'affaires) comme un singe, et on entend de plus en plus d'échos de corruption. On m'a dit que celui d'Italie était encore pire.

Il reste donc l'émigration illégale. Dans ce cas, la hiérarchie des pays ne se fait plus par choix, mais par possibilité. Un simple regard sur une carte montre que les points les plus proches entre l'Europe et l'Afrique sont à Tanger-Gibraltar et Kélibia-Pantaléria. Kélibia est un village de pêcheur qui se situe à la pointe nord-est de la Tunisie, à 125 km de Tunis (1h45 en voiture), qui n'est qu'à 80 Km de bateau de l'ile de Pantaléria (Italie), point principal d'entrée en Europe. De par sa situation, Kélibia a connu un passé très riche, et en montre les traces au niveau génétique : les femmes les plus belles de Tunisie sont réputées provenir de Kélibia, ainsi que de très nombreux membres de l'intelligentsia du pays (Ambassadeurs, Ministres, Chirurgiens, etc.). Kélibia est maintenant aussi réputée pour être le point de départ de l'émigration clandestine vers l'Europe.

Le premier point essentiel à comprendre pour étudier l'émigration est cette hiérarchie très marquée : le top va légalement au Canada ou aux US, ceux qui n'ont pas le choix se rabattent à contre-coeur sur l'Europe, illégalement, via l'Italie le plus souvent.

Il est facile d'imaginer que la situation d'illégal en Europe ne doit pas être très facile à vivre. Ne bénéficiants d'aucune protection légale, les clandestins se trouvent à la merci de tous les escrocs. En fait, le danger existe avant même l'arrivée en Europe : on m'a raconté que, parfois, les bateaux chargés du transport ne font qu'un tour en mer, puis retournent vers la cote Tunisienne à quelques kilomètres au nord de Kélibia, pour y déposer leurs passagers en leur faisant croire qu'ils sont arrivés. D'autres seront bien emmenés jusqu'à l'Italie, mais seront arrêtés des leur arrivée, et ne dépasseront jamais les camps de transit.

Pourtant certains y arrivent. Une amie m'a raconté avoir pu en parler avec un Tunisien qui avait réussi à partir travailler un an en Italie, et qui était rentré (à son retour il a du subir un interrogatoire policier, principalement sur les réseaux qu'il avait utilisé pour partir). Deux questions tarraudaient mon amie : pourquoi quelqu'un comme lui, qui avait un travail en Tunisie et qui était d'assez bonne famille avait-il voulu partir ? et : comment avait-il vécu ? Il apparait en fait que ce Tunisien (si l'on croit son témoignage) avait été pris en charge par des réseaux d'autres Tunisiens dès son arrivée. Il a été transféré sur le nord de l'Italie, et puis de là pris pour travailler sur un chantier ou un autre, dans le bâtiment. Il n'a jamais dormi dehors, ni souffert de la faim : il était dans un cadre organisé.

Reste la question du pourquoi. Comprendre l'intérêt du départ ne peut se faire qu'en se référant aux 30 glorieuses, c'est-à-dire à l'époque où l'Europe n'ayant pas encore à payer ses dérives économiques était encore un eldorado. Ceux qui ont su profiter de cette période pour émigrer, et qui ont suffisamment économisé, sont maintenant rentrés en Tunisie : grâce au décalage énorme de coût de la vie, ils y sont les rois du pétrole. Et dans un pays pauvre [2] et hiérarchisé, la réussite économique se remarque et fait envie. Nous retrouvons-là l'équivalent de ce qui a longtemps été en France L'oncle d'Amérique, parti faire fortune de l'autre coté de l'Atlantique.

Ainsi, contrairement à ce que l'on entend généralement dans la presse française, les raisons de l'émigration ne se situent pas nécessairement dans une situation économique d'origine désastreuse, mais parfois (comme dans le témoignage cité), dans la volonté d'obtenir plus. Cela nous permet d'ajouter une dimension supplémentaire à notre classification de l'émigration : il faut distinguer ceux qui émigrent par nécessité absolue (guerre, famine, génocide, etc.) et qui souvent rêvent de pouvoir retourner dans leur pays pour reconstruire de zéro, de ceux qui émigrent pour essayer de faire fortune, afin de pouvoir revenir en vainqueurs dans leur pays.

Bien sûr, parmi cette deuxième catégorie, tous ne réussissent pas : la situation économique en Europe n'est plus la même, et le décalage de coût de la vie s'est beaucoup réduit. De plus, cette réussite au finish, c'est-à-dire à la retraite, au moment du retour, n'est plus tellement facile à vivre au présent. Par suite du regroupement familial (Chirac et VGE, fin des années 1970), elle n'est plus une mission longue durée du chef de famille, qui peut prendre son mal en patience, mais un complet changement de vie. Et les enfants abreuvés de télé coûtent cher, la montée de l'insécurité est une inquiétude de tous les instants (pour économiser il faut vivre dans des quartier délabrés, avec le risque important que les enfants soient contraints à s'associer à des actes de délinquance, ou soient victimes de viols). Si l'on rajoute là-dessus que le tissus familial étendu, si important en Tunisie, n'y est pas reproduit, alors on comprendra que tout n'est pas si facile.

Pourtant de nombreux émigrés veulent encore y croire. Sous-merdes en Europe, ils se veulent les rois du pétrole, comme avant, quand ils reviennent en vacances l'été. Ils montrent leur voiture neuve, dont le crédit les achève, et cherchent à s'imposer selon les mêmes critères de dominance que ceux de leur environnement quotidien. En fait, les zyvas causent de nombreux problèmes en Tunisie tous les étés, notamment de délinquance. De par leur attitude, les émigrés ne sont pas bien accueillis au retour.

Je ne connais pas de solution à ces problèmes d'émigration. Légale, elle est nécessaire au pays d'origine pour l'apport de devises. Illégale, elle lui rapporte aussi, en tant que soupape de sécurité (ceux prêts à tout y trouvent de quoi essayer de réussir), mais est une catastrophe pour le pays d'accueil... et pour les immigrés légaux. Certains proposent de renvoyer tous les immigrés (même ceux nés en France ? Seulement leurs parents ?), d'autres veulent au contraire augmenter la compétition économique entre les immigrés eux-mêmes en légalisant tous les clandestins. Une large majorité croit qu'il suffira de financer les pays à émigration pour que la source se tarisse d'elle-même. L'exemple de la réussite économique de la Tunisie montre que ce n'est pas si simple.

Il reste enfin l'idée d'augmenter l'information des populations : nombreux sont ceux qui n'ont qu'une image idéalisée de l'Europe, celle de la réussite des générations précédentes. En montrant ce qu'est la vraie situation, on peut espérer que certains renonceront à leur projet. Mais en est-il vraiment besoin ? La population Tunisienne a accès le plus souvent à la télévision française, elle voit comment l'information y est traitée, elle comprend ce qui s'y passe. Tous ceux qui le peuvent rêvent d'aller ailleurs. Déjà de nombreux Français qui réussissent rêvent d'émigrer dans les pays anglo-saxons, pour des raisons fiscales, ou même tout simplement pour trouver de quoi vivre. Les Tunisiens le savent déjà. Ils savent aussi que la Franec n'a pas fini de payer ses erreurs des dernières décennies, et que demain y sera pire qu'aujourd'hui. Ils remarquent enfin que la France s'islamise avec le soutien de l'état, et ils n'ont pas envie d'y connaître une shar'ia qui n'est pas pratiquée dans leur pays d'origine. Pourquoi devoir aller porter le hidjab et la barbe en France quand la liberté est plus grande en Tunisie ? Enfin ils connaissent le Consulat de France à Tunis, et ceux qui le peuvent ne veulent plus y mettre les pieds. En un mot : ils savent que la situation en Tunisie n'est pas parfaite, mais pourquoi devraient-il se lancer dans des galères innomables pour finalement trouver pire ?

Le problème de l'immigration n'est pas seulement celui des populations déplacées, exploitées, déracinées. Pour la France il est aussi le manque d'immigration de haut niveau, du aux nombreux filtres mis en place pour que seuls les moins bons y échouent.

NOTES :
  1. Council on American-Islamic Relations. "Report Outlines Political Attitudes of American Muslims: 96 Percent Believe Muslims Should Get Involved in Local and National Politics," December 22, 1999.
    Cité par Daniel Pipes and Khalid Durán in Muslim Immigrants in the United States. Center for Immigration Studies. Août 2002
  2. Depuis la décadence post-apartheid de l'Afrique du Sud, la Tunisie est le pays le plus riche d'Afrique, notamment grâce à son choix d'une politique non socialiste (contrairement à l'Algérie). Elle n'est d'ailleurs pas considérée comme un pays du tiers/monde, mais comme un PVD (Pays en Voie de Développement).


Il faut "respecter leur culture"

©Philippe Gouillou - 20 novembre 2003 - 19:05
arc20031116.htm#BlogID61

Bientôt la fin du ramadan en pays musulman.

Je lisais l'autre jour dans La Presse, quotidien gouvernemental Tunisien, que si l'interdiction de l'alcool pendant ce mois lunaire permet une réduction des accidents de la route, l'Aïd (fin du ramadan) est prévue être une soirée particulièrement chaude par les médecins urgentistes. Ils notent de plus que chaque soir, juste avant la rupture du jeûne (peu après 17h00 actuellement), les gens sont tellement pressés de rentrer chez eux qu'ils ne suivent plus les limitations routières, avec beaucoup d'accidents. Bien sûr, tout cela n'est rien comparativement à l'Aïd El Khebir (fête du mouton) où, comme le remarque un chirurgien : "les couteaux sont sortis".

Heureusement, ce n'est pas ramadan pour tout le monde : on signale beaucoup de cambriolages pendant l'heure du repas, quand les gens sont sortis pour aller diner avec leur famille [1]. Pendant le ramadan le tabac est interdit en même temps que la nourriture. Et, même dans les endroits les plus touristiques du pays, il m'a été conseillé ("pour ma sécurité") de ne pas fumer. Ce serait ne pas respecter leur culture, justification plus que suffisante à un lynchage en règle. Heureusement que la Tunisie est un pays non violent. Il faut dire que jeûner n'est pas terrible pour l'humeur, ni surtout pour l'intelligence. Une amie disait qu'il ne faut jamais embêter un homme quand il a faim ou quand il est fatigué : le ramadan accumule.

Le Monde (quotidien, France) d'aujourd'hui relate qu'un Tunisien "jugé coupable d'abus de confiance, de subornation de témoin et de tentative de chantage au détriment de son ancienne entreprise" a demandé la récusation de la juge chargée de son dossier sous prétexte qu'elle serait de confession juive, et qu'à cause de la guerre de conquête en Israel, elle ne saurait être qu'impartiale envers un musulman. En d'autres termes, elle ne saurait pas respecter ses coutumes [2]. On retrouve l'argument de tous les Zyvas de toutes les banlieues.

Cette obsession du respect de la culture m'ammène cependant à des réflexions pas toutes positives.

Tout d'abord, respecter à la lettre leurs coutumes signifierait être leur semi-esclave, dhimmi tout juste bon à leur payer un impôt en remerciement humiliant d'une semi-tolérance. Faut-il aller jusque là pour montrer son respect ?

Il y a aussi un point plus fondamental, qui est le véritable sujet de cet article. J'étais ce matin à discuter avec un Tunisien très intéressant, ayant connu une carrière passionnante. Me demanderait-il de respecter sa culture ? Non, il n'en a absolument pas besoin : il existe par lui-même, et n'a pas besoin de se référer en permanence à un passé mythifié pour exister. Le respect dans ce cas s'impose de lui-même, et de manière agréable (c'est toujours une joie de rencontrer des gens de si haut niveau). Cette demande de respect me semble ainsi correspondre à celle des femmes qui demandent à "ne pas être aimées que pour leur cul, mais aussi pour leur intelligence". Vous avez déjà rencontré une femme véritablement intelligente exprimer cette requête ? Elle n'en a aucun besoin : l'intelligence se remarque d'elle-même (sauf cas psychopathologique). Et ce ne sont pas non plus les gens cultivés, intelligents, capables d'exister par eux-mêmes, qui demandent au respect de leur culture.

La demande de respecter leur culture me paraît donc n'être qu'une arme marketing dans la compétition sexuelle, qui consiste à essayer de se référer à quelque chose de plus grand, de transcendant, pour tenter de bénéficier de l'image qui y est associée. Il n'y a là aucune différence avec la technique du Français stupide qui s'attend à être respecté à l'étranger, sous prétexte qu'il provient du pays de Descartes et de Pascal [3], références censées lui donner à lui un vernis intellectuel, alors même qu'il aurait tout fait pour les empêcher d'exister, si l'occasion lui en avait été donnée. [4]


NOTES :

  1. J'emporte mon PC tous les soirs.
  2. Il a très certainement oublié que selon ses coutumes à lui, convenablement respectées, il n'aurait pas été condamné à 15 mois de prison, mais à avoir une main coupée. On ne peut pas penser à tout...
  3. Très fréquent, au point que c'est l'image générale du Français à l'étranger, et pas seulement en Tunisie.
  4. Il faudrait aussi développer l'analyse du racisme fondamental qu'implique cette notion de respect de leur culture. Fonder le respect d'un individu Africain, Arabe, ou autre sur ce respect de sa culture, c'est lui nier toute existence personnelle. C'est là la base de la Discrimination Positive (Affirmative Action) : juger un individu sur son origine et ce qu'elle est censée représenter, et pas sur ce qu'il est. Voir sur ce sujet "Le lynchage de Janice Brown" sur Ase's Corner.


19 novembre 2003

Avez-vous une vie sexuelle épanouie ? Non ? Peut-être la "psychanalyse politique" pourra vous sauver !

©Philippe Gouillou - 19 novembre 2003 - 23:20
arc20031116.htm#BlogID58

Le vrai but de la vraie vie dans une vraie société moderne est d'avoir une vie sexuelle épanouie. C'est ce que nous répètent jour après jour les médias, et la pression est devenue telle que ne pas avoir une vie sexuelle épanouie est une marque d'infamie suffisante pour condamner chacun à une vie épouvantable de solitude et de rejet.
Heureusement, la société est 100% prête à aider chacun à atteindre cette objectif. Bobonne n'aura qu'à acheter tel savon ou telle crème hydratante pour qu'aussitôt son mari, jusqu'alors trop écoeuré par le contraste entre la personne qu'il avait épousée et celle qui est maintenant sa compagne, connaisse de nouveau un désir irrépressible pour elle, et ne pense plus à se tourner vers les filles plus jeunes et plus belles qu'il peut croiser tous les jours. Il ne faut cependant pas croire que cette pression n'existe que pour les femmes : les hommes aussi sont coupables, aussi devront-ils bien penser à prendre leur Viagra, et ne pas se montrer à leur femme sans ce pénis si gros et si dur et si persistant qu'il la fera crier toute la nuit ou qu'elle aura envie de prendre dans sa bouche comme une sucette comme nous le promettent des dizaines de spams hebdomadaires (titres véridiques).

Certains pourraient trouver le terme épanoui mal choisi : il évoque indiscutablement une dilatation des chairs, un élargissement, une béance molle qui nous rapprochent plus de la pornographie que de l'amour que nous devrions tous connaître (c'est nécessaire). Mais, tout bien considéré, le meilleur moyen d'avoir une vie sexuelle épanouie semble être d'accumuler les clubs échangistes et de raconter ses ébats dans un livre-choc, avec si possible une photo plus ou moins nue en couverture. Une vie sexuelle épanouie est fondamentalement pornographique : elle se doit de s'opposer au puritanisme malsain des générations petites-bourgeoises nous ayant précédées. Nous parlons bien de la vraie vie dans une vraie société moderne : à quoi servirait une vie sexuelle épanouie si le monde entier ne pouvait pas en connaître tous les détails ?

Hélas, malgré tous ces efforts et ces exemples et ces rabachages, il en existe encore qui ne parviennent pas à atteindre ce nouveau nirvana obligatoire. Tel artiste subventionné ne parvient pas à baiser les femmes qu'il convoite, qui lui préfèrent des salauds d'exploiteurs capitalistes. Un tel état de fait pourrait être considéré comme une remise en cause pernicieuce de l'égalité fondamentale qui doit tous nous réunir, une porte ouverte à tous les abus, du libéralisme à l'eugénisme. Certains pourraient même deviner que lorsqu'il y a compétition il y a forcément des gagnants et des perdants, et cela est intolérable. La plus cruelle des injustices ne doit pas être acceptée dans un monde en lutte : il ne faut pas que nos intellectuels de gauche se voient refuser l'accès aux femmes les plus belles alors qu'ils sont au service du peuple !

Heureusement, la grand-messe de gauche financée par les jours de congés, le Fond Social Européen est là pour proposer une solution opposable à tous : l'Ecologie Libidinale, c'est-à-dire la Psychanalyse Politique associée à l'Ecologie. Le 14 novembre, en effet, le M.I.E.L. (Mouvement International pour une Ecologie Libidinale) a pu intervenir et proposer ses solutions pour que chaque homme de gauche puisse avoir sa vie sexuelle épanouie dans le cadre de la lutte pour le grand soir contre le capitalisme et les Américains. Ils expliquent :

Que signifie "écologie libidinale" ?
L'introduction ce concept à pour but d'établir un lien entre d'une part la psychanalyse politique, notamment telle que mise en oeuvre dans les théories de Wilhelm Reich et Herbert Marcuse (courant dit "Freudo-Marxiste") et d'autre part les réflexions écologistes, sociologiques et économiques (critiques de la croissance) issues des années 70 et reprises dans le mouvement contemporain dit "alter-mondialiste" (...)
.

Qu'est ce que la psychanalyse politique ?
C'est l'application de la psychanalyse à l'analyse des phénomènes de société. En effet les relations sociales et le modèle de société sont une résultante du psychisme des individus qui composent cette société. Ceux-ci sont en retour formés et "conditionnés" par le modèle social dominant.
Si la thérapie individuelle peut espérer soulager quelques patients, seule une approche psychanalytique globale de la société peut permettre d'espérer corriger les maux dont souffrent la quasi-totalité de ses membres.

En résumé : ces auteurs veulent appliquer les prodigieuses victoires de la psychanalyse (aucune guérison, taux de suicide extraordinairement élevé, etc., voir Mensonges Freudiens de Bénesteau) à l'ensemble de la société. Cela permettra bien sûr une lutte contre toutes les répressions de la sexualité, et donc enfin la création de cet homme nouveau que les communistes appellent comme le messie, tellement il est nécessaire à leur utopie meurtrière.

Et ça leur permettra peut-être enfin d'apparaître comme des hommes dominants, que les femmes les plus belles, maintenant libérées de la répression, ne pourront que convoiter et aimer.


Les alter-mondialistes ont-ils tué la recherche contre le SIDA ?

©Philippe Gouillou - 19 novembre 2003 - 22:52
arc20031116.htm#BlogID57
Ase rappelle quelques évidences, et les conséquences tragiques du refus de certains de les accepter :
Sans bénéfices, pas de recherche ! L'hostilité des anti-mondialistes, qui ne manquent jamais une occasion de manifester violemment contre l'industrie pharmaceutique et de vitupérer contre leurs "bénéfices exagérés", a fait que les recherches et le développement de nouveaux remèdes contre le sida sont devenus une aventure trop risquée. L'activisme globalophobique devient ainsi la plus grande menace pour les malades de ce fléau dans le monde, et surtout dans les pays pauvres. (2003-11-19, 13:29:39 Ase)
et il renvoie vers l'article d'Abner Mason, directeur d'AIDS Responsibility Project dont le début est :
Given the global proportion of the HIV/AIDS epidemic and the attention brought to this growing calamity by the president's $15 billion commitment to tackle the disease in Africa, one would think drug firms are pumping more money into finding a cure. But in an incredible twist, one that certainly could have been avoided, it turns out the opposite is true.

The reason is simple. The increasingly hostile, anti-capitalist environment confronting the pharmaceutical industry has made research and development for HIV/ AIDS drugs a high-risk venture. Violent protesters, made famous in Seattle a few years ago, don't hit the streets for cheaper Viagra.

Une telle relation causale est très certainement trop complexe pour être comprise par les pros des manifestations.
Nul doute qu'ils clameront maintenant que "c'est le capitalisme qui tue les malades", nouvel argument qui viendra les conforter dans leur lutte pour la sauvegarde de leurs avantages acquis.

18 novembre 2003

Neurosciences : "la France est en retard"

©Philippe Gouillou - 18 novembre 2003 - 14:10
arc20031116.htm#BlogID49

Un article du Quotidien du Médecin du 17 novembre 2003 ("L'Académie des sciences déroule le tapis rouge devant les neurosciences" par Stéphanie HASENDAHL) m'apprend que l'Académie des sciences propose des solutions pour lutter contre le retard français en neurosciences :

"Dans un rapport sur les « Neurosciences et maladies du système nerveux », l'Académie des sciences illustre l'apport nouveau et décisif des recherches fondamentales en neurosciences et en psychiatrie, et donne une série d'indications afin que la France rattrape son « regrettable » retard."Quelles solutions ?

Et bien il y a novation : contrairement à ce qui s'était passé pour Internet où l'un de nos ministres socialistes avait fini par demander que les Américains attendent les Français [1], les solutions proposées ici ne sont que purement franco-françaises, au point même de ne pouvoir être proposées qu'en France. Il s'agit tout simplement de renforcer l'interventionnisme étatique !

Exemples :

les auteurs du rapport estiment que la recherche clinique doit être « revitalisée par la reconnaissance de ces méthodologies dans le cadre des formations doctorales, des carrières hospitalière et de recherche »

Autre recommandation : promouvoir la création d'instituts en neurosciences qui disposeraient des moyens de recherche en génétique moléculaire, en imagerie, en électrophysiologie cellulaire et des systèmes ainsi qu'en pharmacologie.

La dernière mesure concerne l'information du grand public, travail qui doit être fait en collaboration avec les associations de patients, la Fondation pour la recherche médicale, et en collaboration avec les sociétés savantes comme la Société française de neurologie, l'Académie des sciences et l'Académie nationale de médecine.

On peut se demander où l'état pourra trouver tout l'argent nécessaire, maintenant que le gouvernement a déjà du supprimer un jour férié pour pouvoir financer à 90% la grand-messe d'extrême gauche (Fonds Social Européen). Supprimer un autre jour férié ? Limiter à 40 Km/h l'autoroute 2 x 3 voies entre Nice et la frontière Italienne ?

Ne serait-il pas beaucoup plus efficace de tout simplement demander à l'AFP et aux autres organismes de propagande officielle d'arrêter de traiter de Nazis, Facistes, Racistes, etc. tous ceux qui se sont intéressés aux neurosciences ? Rien que ce changement de discours inciterait peut-être plus de scientifiques français à rester en France plutôt qu'à tout faire pour fuir le pays et rejoindre les centres de recherche anglo-saxons. Et puis ce serait une solution vraiment économique : un simple coup de fil à passer.

NOTES :

  1. Voir sur ce site : Faut-il abandonner la langue française ?

Cours de propagande

©Philippe Gouillou - 18 novembre 2003 - 12:44
arc20031116.htm#BlogID48
Alors que la France est en train de couler, et que la comparaison avec ses voisins le montre de plus en plus cruellement (e.g. : taux de chômage historiquement bas en UK avec 3% contre plus de 10% en France, taux de croissance de 7% aux USA contre 0% officiels en France, etc.), il est au moins un domaine sur lequel la France peut en apprendre à tout l'Occident : les cours de propagande gratuits. En voici un exemple récent (24 septembre 2003), une dépêche AP trouvée sur Yahoo! News : "Toulon: le père et le fils commerçants jugés pour violences répétées contre des voleurs présumés"

L'histoire :

En 2001 et 2002, un commercant et son fils, ayant soufferts de plus d'une trentaine de cambriolages, parviennent deux fois à arrêter un des cambrioleurs et à le livrer à la police. Evidemment, cela n'est pas du tout du gout des juges, qui, les deux fois, les mettent en prison preventive. Lors de la deuxième incarcération préventive, le fils (Jean-Louis) se fait "passer a tabac". L'affaire émeut d'autant plus l'opinion que le père, Aldo Gruarin, est un ancien international de rugby. Parmi les nombreux soutiens dont ils bénéficient (voir par exemple la pétition de l'ANVI), un homme politique, ancien maire de la ville. En 2003, ils doivent passer en jugement.
L'annonce du procès par l'Associated Press :

mercredi 24 septembre 2003, 11h11
Toulon: le père et le fils commerçants jugés pour violences répétées contre des voleurs présumés

TOULON (AP) - Le père et le fils d'une famille de commerçants toulonnais, soupçonnés d'avoir violenté et séquestré en 2001 et 2002 les auteurs présumés de vols à l'étalage dans leur magasin de sports, comparaîtront jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Toulon.

A l'époque des faits, les deux affaires avaient suscité de nombreuses réactions de soutien sur fond de dénonciation de l'insécurité. Aldo Gruarin, 65 ans, ancien joueur international de rugby, et son fils aîné Jean-Louis, 38 ans, doivent répondre des délits de "séquestration ou détention arbitraire" et de "violences aggravées" dans deux affaires très similaires survenues à moins de deux ans d'intervalle, le 10 février 2000, puis le 22 novembre 2001.

En février 2000, le père et son fils auraient frappé et menotté dans la réserve de leur magasin du centre-ville un étudiant de 19 ans, Farouk Beztout, qu'ils soupçonnaient d'être le complice d'un vol de baskets. Mis en examen et écroués, les deux commerçants avaient été libérés quelques jours plus tard dans l'attente du procès. Fin 2001, ils étaient de nouveau écroués pour une affaire similaire. Cette fois, la justice les soupçonne d'avoir violenté et menotté avant de le livrer à la police, Mihai Punei, un immigré clandestin roumain. Ce dernier a depuis été condamné en comparution immédiate à trois mois de prison pour "vols en réunion". Malgré le refus des prévenus de "toute tentative de récupération", les deux affaires ont chaque fois suscité des réactions de soutien de la part de commerçants, d'élus ou de responsables politiques locaux, notamment de l'ancien maire FN Jean-Marie Le Chevallier, sur fond de dénonciation de l'insécurité en centre-ville.

Les messages de solidarité à la famille Gruarin, surtout connue et respectée pour son engagement dans le club de rugby local (le RCT), avaient atteint leur paroxysme après le passage à tabac de Jean-Louis Gruarin