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Sexodus professionnel

©Philippe Gouillou - Mardi 6 août 2019

Tags : Féminisme - Jihad - Sexodus

Du télétravail au hijab.


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Dans Archives of Sexual Behavior, Charles Moser a répondu à l'éditorial publié par la célèbre Debby Herbenick et d'autres pour lutter contre le harcèlement sexuel dans le domaine des recherches en sexologie.

Il rappelle tout d'abord que les propositions faites par Herbenick et al. pour lutter contre le harcèlement sexuel ont déjà été testées (en 1994), sans succès. Il remarque ensuite que (bizarrement ?) aucun exemple donné par Herbenick et al. pour expliciter le harcèlement sexuel ne montre de femme harcelant un homme, comme si les stratégies de sexualisation de la relation utilisées par les femmes pour obtenir des avantages d'un homme ne comptaient pas. Il insiste enfin sur le fait que le harcèlement en lui-même est très difficile à définir :

"Il y a de nombreuses années, j'ai eu une discussion avec une dirigeante d'une organisation liée à la sexualité sur la façon d'évaluer les accusations de harcèlement sexuel. J'ai posé cette hypothèse : Si un observateur se plaint qu'un collègue de travail masculin harcèle sexuellement une collègue de travail féminine en l'invitant à plusieurs reprises à déjeuner (avec d'autres), est-ce du harcèlement sexuel ? La femme a dit "probablement". Ensuite, j'ai demandé s'il s'agissait d'une collègue de travail invitant à plusieurs reprises une autre collègue de travail à déjeuner (avec d'autres), s'agissait-il de harcèlement sexuel ? La femme a dit "peut-être". Enfin, j'ai demandé si la collègue de travail était lesbienne, est-ce que cela rendrait plus ou moins probable que les invitations soient du harcèlement sexuel ? La femme a répondu "plus". Je lui alors ai dit : "Vous jugez les gens en fonction de leur sexe et de leur orientation sexuelle." La femme était visiblement gênée puisqu'elle a essayé de faire marche arrière."
Moser (2019)1

Mais surtout il met en avant ce que les féministes cherchent à cacher ou au minimum minimiser, c’est-à-dire les stratégies que les hommes doivent mettre en place pour limiter les risques de fausses accusations :

"En tant que sexologue autodéclaré, je reconnais que les gens peuvent exagérément sexualiser tout acte ou déclaration que je fais. Peut-être qu'une étreinte qui dure un moment trop longtemps, ou un commentaire sorti de son contexte, pourraient amener la police du harcèlement à me regarder négativement. Si je veux qu'on me prenne au sérieux, je dois éviter cela, alors je le fais. J'ai diminué le nombre de conférences auxquelles j'assiste. Quand j'y vais, j'évite les interactions avec les élèves et les personnes que je ne connais pas bien. Dans toutes les interactions que je ne peux pas éviter, je fais en sorte que d'autres personnes soient présentes et qu'elles se situent toujours dans des lieux publics. Je refuse régulièrement des offres pour faire partie de comités de mémoire et de thèse. Je vais dîner avec de vieux amis et je fais rarement de nouveaux contacts à une conférence. Je suis toujours sur mes gardes, ce n'est pas agréable et je ne me sens pas en sécurité. L'éditorial de Herbenick et al. a étouffé toute pensée que j'aurais pu avoir d'assister à des conférences cette année, ou peut-être jamais."
Moser (2019)2

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Je m'étais moqué dans "Hypothèse 3 : Soirée d'entreprise" de cette évolution vers la ségrégation sexuelle dans le monde professionnel : j'y imagine qu'il sera formellement interdit aux personnes de sexes différents de communiquer, et qu'en conséquence les chefs d'entreprise seront personnellement responsables de la mise en place de séparations physiques.

Cette "hypothèse 3" etait bien sûr exagérée, les choses ne se passeront pas de manière aussi officielle, dans les faits on verra juste les hommes éviter de plus en plus les interactions avec les femmes, c’est-à-dire privilégier le télétravail et l'écrit aux discussions en face à face.

Mais cette exagération n'est pas la principale "erreur" de cette hypothèse, son plus grand écart avec la réalité est son sur-optimisme.

Dans ma satire les femmes sont certes séparées des hommes, mais elles sont encore libres de s'habiller comme elles le souhaitent, de sortir, et de communiquer entre elles. Cela signifie que la séparation physique ne réduira pas, mais au contraire renforcera, la compétition sexuelle féminine3, alors même qu'elles ne pourront même plus y utiliser les hommes comme armes. Cette ségrégation ne pourra donc satisfaire les féministes, qui exigeront des solutions plus radicales.

Ce qui signifie qu'un scénario comme celui décrit dans "Hypothèse 11 : Fin de récré" est beaucoup plus probable qu'on le croit.

Liens

Références

Herbenick, D., van Anders, S. M., Brotto, L. A., Chivers, M. L., Jawed-Wessel, S., & Galarza, J. (2019). Sexual Harassment in the Field of Sexuality Research. Archives of Sexual Behavior, 48(4), 997–1006. doi:10.1007/s10508-019-1405-x

Moser, C. (2019). Sexual Harassment: “I Just Do Not Feel Safe.” Archives of Sexual Behavior, 48(6), 1635–1636. doi:10.1007/s10508-019-1457-y

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Auteurs inconnus

Notes


  1. Traduction depuis :

    "Many years ago, I had a discussion with a female leader of a sexuality organization about how to evaluate sexual harassment accusations. I posed this hypothetical: If an observer complains that a male co-worker is sexually harassing a female co-worker by repeatedly inviting her to lunch (with others), is that sexual harassment? The woman said “probably.” Then, I asked, if it were a female co-worker repeatedly inviting another female co-worker to lunch (with others), is that sexual harassment? The woman said “possibly.” And finally, I asked if the female co-worker were a lesbian, would that make it more or less likely that the invitations were sexual harassment? The woman said “more.” So, I told her “You are judging people on the basis of their gender and sexual orientation.” The woman was obviously embarrassed as she tried to backtrack."
    Moser (2019)

  2. Traduction depuis :

    "As a self-identfied sexologist, I recognize that people may overly sexualize any act or statement I make. Maybe a hug that lasts a moment too long, a comment taken out of context, could lead the sexual harassment police looking askance at me. If I want to be taken seriously, I need to avoid all of that, so I do. I have decreased the number of conferences I attend. When I do go, I avoid interactions with students and anyone I do not know well. Any interactions that I cannot avoid, I strive to have others present and always meet in public places. I routinely turn down offers to be on dissertation and thesis committees. I go to dinner with old friends and rarely make any new contacts at a conference. I am always on guard, it is not enjoyable, and I do not feel safe. The Herbenick et al. Guest Editorial has snuffed out any thought I might have had of attending conferences this year, or maybe ever."
    Moser (2019)

  3. Rappel : la compétition est intra-sexuelle : on est en compétition avec ses concurrents, pas avec ses clients ! 

©Philippe Gouillou - Mardi 6 août 2019


Sélection




















Citation de cette page :

Gouillou, Philippe (2013) : "Sexodus professionnel". Evoweb. Mardi 6 août 2019. http://www.evoweb.net/blog2/20190806-sexodus-professionnel.htm
[Sexodus professionnel](http://www.evoweb.net/blog2/20190806-sexodus-professionnel.htm "Evoweb : Sexodus professionnel (Mardi 6 août 2019)"). Gouillou, Philippe. *Evoweb*. Mardi 6 août 2019