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France : Les radars de Big Brother

Philippe Gouillou - Lundi 23 avril 2018

Tags : Anarcho-Tyrannie - Politique - France

Les radars sont la forme actuelle des Télécrans décrits par Georges Orwell dans 1984.


Andrea Yori

Officiellement, l'augmentation exponentielle du nombre de radars routiers n'a aucun but financier : ils ne servent qu'à "épargner des vies" : Emmanuel Barbe, l'a répété le 20 avril. Bien sûr personne ne l'a cru, mais pour qu'un haut fonctionnaire choisisse de détruire aussi directement le peu de confiance qu'ont encore les Français dans leur gouvernement, il faut qu'il y ait une bonne raison. Et celle-ci n'est pas celle que tout le monde croit.

En effet, le Gouvernement sait très bien que le résultat le plus probable de la limitation de vitesse à 80 km/h globalement sera une augmentation de la mortalité sur la route : plus d'accidents et plus de morts et de blessés. Tout d'abord, parce que c'est le seul effet constaté des limitations de vitesses1 :

"Ce qui signifie exactement que si les variations de limitation de vitesse ont eu un impact, alors celui-ci a été exactement opposé aux objectifs officiels : la limitation draconienne a augmenté le nombre de tués, et l'assouplissement de la limitation a permis de sauver des vies. En d'autres termes : si le gouvernement a eu un impact, alors celui-ci a été négatif, et des automobilistes en sont morts."

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Ensuite tout simplement parce que la vitesse choisie interdira aux automobilistes de s'éloigner des camions qu'ils n'auront plus le droit de doubler.

Cela signifie que le Gouvernement a déjà anticipé le fort risque de devoir justifier aux Français la mort de leurs proches, situation que toute personne comptant sur le vote des dits Français n'apprécie pas tellement.

Pour expliquer pourquoi le Gouvernement, contre l'avis de tous, poursuit malgré tout dans cette voie, la plupart imaginent qu'il s'agit d'une raison purement financière : les Gouvernants manquent perpétuellement d'argent à redistribuer, or c'est cette redistribution qui décide de leur élection :

"Le fisc est l'essence de l'état en France. La Révolution Française (1789) s'était déclenchée sur des problèmes de fisc, et plus de 200 ans après le fisc ne respecte toujours pas ni la Constitution, ni les règles élémentaires des droits de l'homme (notamment la charge de la preuve). Il y a une raison à cela.

Le fisc, c'est ce qui permet d'engranger de l'argent, qui pourra être redistribué, et c'est la forme de cette redistribution (qui n'a pas besoin d'être occulte, bien au contraire) qui décidera de la réélection."

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De fait, la limitation à 80 permettra bien de multiplier les contraventions : avec l'ajout des radars privatisés, une multiplication par 6 des rentrées est espérée.

Mais cette raison n'est pas suffisante : dans la situation de pré-guerre civile actuelle, le Gouvernement ne prendrait pas un tel risque de décrédibilisation juste pour des taxes supplémentaires (il utiliserait plein d'autres moyens pour cela).

Anarcho-Tyrannie

En fait, c'est bien le risque croissant de révolution / émeute / conflit coalitionnel, c’est-à-dire de perte de pouvoir des dirigeants actuels, qui explique la multiplication des radars.

Tout d'abord, celle-ci s'inscrit dans la stratégie "Anarcho-Tyrannie" que Samuel Francis avait décrite en 19922 :

"Nous refusons de contrôler les véritables criminels — volet anarchique — et nous nous rabattons sur les innocents — volet tyrannique."

En s'attaquant aux automobilistes enregistrés plutôt qu'aux délinquants et illégaux, l'Etat augmente son pouvoir.

Mais là encore, il ne s'agit pas de l'essentiel.

Le vrai but des radars est de mettre en place une surveillance permanente, ET de le faire savoir, de rappeler à chaque instant l'omniprésence de la surveillance étatique. Tout conducteur doit avoir en permanence une partie de sa conscience occupée à faire attention à sa vitesse, à cause des radars : tout oubli de la toute puissance de l'Etat doit lui coûter très cher.

Ainsi, les radars sont juste la forme actuelle des "Télécrans" décrits par Georges Orwell dans 1984 :

"Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et sur le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu’elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu’elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l’habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l’obscurité, tout mouvement était perçu"

Orwell, G. (1948). 1984 (Première Partie - Chap 1 - pp 6-7)

L'esclave ne doit pas seulement être surveillé en permanence, mais aussi en être conscient en permanence.

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Notes


  1. Bien sûr, la limitation de vitesse à certains endroits choisis pourrait avoir pour effet de baisser la mortalité, c'est la limitation indiscriminée qui est en cause. 

  2. Voir la traduction de Wikipedia sur Fdesouche 


Citation de cette page :

Gouillou, Philippe (2018) : "France : Les radars de Big Brother". Evoweb. Lundi 23 avril 2018. <http://www.evoweb.net/blog2/20180423-radars-big-brother.htm>
[France : Les radars de Big Brother](http://www.evoweb.net/blog2/20180423-radars-big-brother.htm). Gouillou, Philippe. _Evoweb_. Lundi 23 avril 2018